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1998 12 16 * Le Nouvel Observateur * "Ne dites jamais rien" * V. J.

Il y a quelques années, le Congrès américain a découvert que le NRO, le fabricant des satellites espions, avait dissimulé dans sa comptabilité pas moins de 25 milliards de francs. Il ne s'agissait pas de malversation, mais simplement d'une technique pour pouvoir mener des opérations clandestines sans alerter les pays étrangers. Cette fortune n'était pas employée depuis longtemps, parce que les managers successifs n'avaient pas été tenus au courant... L'obsession du secret est omniprésente au NRO. L'en-tête de son papier à lettres n'est connu que depuis 1992. Chaque fois que le nom de code d'un satellite espion est découvert par la presse, il est immédiatement changé. Et son nouveau siège social, dont la construction a été en partie cachée au Congrès, est "furtif", c'est-à-dire qu'il est difficilement repérable par les radars et les satellites espions adversaires... A la NSA (la centrale d'écoutes), c'est une religion. Ne traduit-on pas les trois lettres par "Never Say Anything" (ne dites jamais rien). Les salariés n'ont pas le droit de voyager à l'étranger sauf exception. La NSA leur fournit dentistes et chirurgiens pour éviter que pendant une anesthésie ils ne parlent trop. Et on les encourage à se marier entre eux. C'est pour cela qu'au siège de l'agence à Fort Meade il y a des cinémas, des théâtres, des restaurants. Enfin, les Premiers ministres des pays du Commonwealth qui collaborent de près avec la NSA doivent eux-mêmes jurer de ne pas révéler les détails de l'accord qui lie leurs gouvernements à l'agence.