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2000 06 21 * zdnet france * Echelon et ses alliés... parfois officieux * Cédric Ingrand et Joel Legendre

Si l'accord fondateur d'Echelon ne rassemblait qu'une poignée de pays, les ramifications du réseau vont aujourd'hui bien plus loin : 10 membres de l'Union européenne» et la France jouerait les agents doubles.


Datant de 1948, l'accord de coopération UKUSA rassemblait les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, puis, plus tard, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. À chaque pays la responsabilité d'une zone géographique. Echelon était né.

Mais Echelon ne représente qu'une partie du réseau global d'écoute américain. Ainsi, les journalistes du Village Voice, aidés par un ancien espion, ont dénombré près de 175 stations d'interception principales disséminées dans plus de 50 pays, sans même compter la douzaine de stations d'importance que les États-Unis entretiennent sur leur territoire.

Dix pays de l'Union européenne sont secrètement impliqués : Danemark, Allemagne, Finlande, Grèce, Italie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne et Suède. Leur point commun : l'Otan.

Même dans les pays où il n'est pas présent, le réseau peut compter sur ses alliés. Ainsi, nombreux sont les pays prêts à vendre, en gros, des données interceptées par leurs propres services. Mieux encore : le réseau SCS, créé par souci d'économie, regroupe certaines stations d'écoute gérées de concert par la CIA et la NSA.

Pour Bo Elkjaer, journaliste au quotidien Elkstra Bladet de Copenhague, et qui avait le premier dévoilé l'adhésion au réseau dès 1950 des pays de l'Otan, les visées initiales de l'accord UKUSA étaient claires : í En dessinant la carte des principaux sites d'écoute, on voit clairement qu'ils entourent l'ancien bloc soviétique. ’ Ainsi, de par sa position stratégique, la Scandinavie a de tout temps été un allié précieux des espions. Selon le journaliste, les services du renseignement militaire danois sont en train de construire trois nouveaux radômes de 30 mètres de haut, situés au nord du Danemark, et dont les données alimenteront le réseau.

Si certains sites d'écoute n'appartiennent pas à la NSA, celle-ci contrôle les plus importants. En Europe occidentale, la plus célèbre des stations d'écoute reste la britannique Menwith Hill, dans la banlieue de Harrogate, dans le comté du Surrey.

Au Japon, et conformément à des accords de sécurité militaire signés au sortir de la guerre, les États-Unis entretiennent une base à Misawa, au nord du pays. Au tableau de chasse des grandes oreilles, on compte Shin Kanemaru, ex-parrain de la politique japonaise. Au milieu des années 90, les écoutes des communications à micro-ondes ont permis aux américains d'apprendre qu'il cachait chez lui des barres d'or et assez de liquidités pour aider ses amis politiques» et acheter les autres.

Un double jeu de la France ?

Jalouse de son indépendance stratégique, la France est l'un des rares grands pays occidentaux qui n'abrite pas de station d'écoute» ou presque. Le Village Voice place ainsi une station d'écoute à Kourou, en Guyane Française. Celle-ci, contrôlée par les services de renseignement allemands, aurait déjà renvoyé des données interceptées vers la NSA. Ironie de l'histoire : Kourou serait aussi l'une des 15 bases où la France écoute les États-Unis (lire Frenchelon, les grandes oreilles made in France).

La France collabore également avec les États-Unis lors d'opérations communes comme récemment en Bosnie et au Kosovo. Et pour mieux expliquer l'embarras français sur ce dossier, Le Monde du renseignement révélait le 16 mars 2000 que la France a profité, depuis les années 70, de l'expertise de la NSA. Deux fois par an, des agents de la DGSE se rendraient en effet à Fort Meade, le siège de la NSA pour échanger leurs vues sur le renseignement électromagnétique»

Mais aussi imposante soit-elle, la liste des sites connus ne fait probablement qu'égratigner la surface du plus grand réseau d'écoute de la planète. La liste dressée ici ne détaille pas des stations d'écoute plus traditionnelles, comme les ambassades et consulats, ou les stations mobiles, en mer ou dans les airs. Elle ne compte pas non plus les dispositifs d'écoute placés sur les plaques tournantes de l'internet. Durant la guerre froide, au plus fort de sa gloire, le réseau aurait employé entre 40.000 et 60.000 personnes, soit deux à trois fois le nombre d'employés de la NSA. Celle-ci prévoyait à l'époque la mise en place d'un réseau de plus de 4.000 stations d'interception