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1998 12 16 * Le Nouvel Observateur * Depuis Pearl Harbor * V. J.

Cela fait plus de cinquante ans que les Etats-Unis constituent un arsenal d'espionnage technique considérable. A partir de 1941 "et la défaite surprise de Pearl Harbor", ils développent avec les Britanniques le gigantesque centre d'écoutes de Bletchley Park en Grande-Bretagne (l'ancêtre du GCHQ). Bientôt 10 000 personnes travaillent à l'opération Ultra : l'interception et le décodage des communications militaires du Japon et du Reich. Les spécialistes ont réussi à comprendre le fonctionnement de la fameuse machine allemande à crypter, Enigma. C'est ainsi "en pouvant anticiper le mouvement des sous-marins ennemis" que les Anglo-Saxons gagnent la bataille de l'Atlantique. Après guerre, c'est l'URSS qui devient la cible numéro un. Dès 1946, Washington et Londres signent un accord ultrasecret perpétuant l'alliance de la guerre en matière de renseignement et qui est toujours en vigueur. Le Canada et l'Australie y sont associés. Ensemble, ils remportent un premier grand succès en 1949 : ils décodent une partie des communications de l'ambassade soviétique à Washington. C'est la fameuse opération Venona. Grâce à elle, le FBI peut identifier les espions atomiques Klaus Fuchs et... Julius et Ethel Rosenberg (mais ces preuves, accablantes, n'ont pu être montrées au procès pour ne pas dévoiler l'opération top secret). Puis c'est l'aventure de l'espionnage spatial. Dans les années 50, les avions U2 ont réussi à percer une partie du mystère soviétique, mais chaque vol est risqué. Seule solution : les satellites. En 1958, le projet Corona est lancé dans le plus grand secret. Et, deux ans plus tard, le premier satellite KH 1 rapporte une "moisson" hautement stratégique : les preuves du retard de l'URSS dans l'armement atomique. Créée en 1952, la NSA s'engage, en 1957, dans le plus vaste programme de recherche informatique de l'histoire : le projet Lightning. Elle deviendra "et demeure aujourd'hui" le principal employeur de mathématiciens au monde. En sortiront les ordinateurs les plus puissants : les fameux Cray “ les cassettes audio aussi. (A la fin des années 60, la NSA est également très performante à Moscou même, où elle écoute les téléphones de voiture des dirigeants du Kremlin, Brejnev en tête.) La course technologique continue. En 1977, un satellite KH 11 est placé en orbite dans l'espace. Pour la première fois, les images d'une précision extraordinaire parviennent en temps réel à Washington. Auparavant il fallait récupérer les films dans la mer. C'est une avancée considérable. Les espions du ciel serviront notamment à vérifier l'application des traités de limitation puis de réduction des arsenaux nucléaires conclus par Nixon et Carter. Enfin, dans les années 80, de multiples satellites d'écoutes de plus en plus sophistiqués sont lancés au-dessus de l'URSS mais aussi au-dessus du Moyen-Orient où les troubles se multiplient. Apparaissent également les satellites radars qui peuvent voir la nuit et sous les nuages. L'Amérique devient sans conteste la première puissance de renseignement et le restera jusqu'à aujourd'hui.