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L'oeil de Berlin sur Kourou ?

Pour un parlementaire français, cet homme est un extraterrestre : le docteur Hans de With, ancien député SPD, préside la très puissante Commission de contrôle "G 10", qui, nommée par le Bundestag, surveille l'action des "grandes oreilles" allemandes. Une nouvelle loi, actuellement en discussion, va prochainement étendre les compétences de cette commission.

Le Nouvel Observateur. - Quelles sont les principales dispositions de cette loi ?
Hans de With. - Les huit membres de la commission pourront se rendre, à l'improviste, dans n'importe quel site du BND [ndlr : le service d'espionnage allemand] et voir tous les systèmes d'écoutes, même les plus secrets. De plus, nous pourrons embaucher une ou deux personnes, au pouvoir étendu, qui pourront enquêter à notre place.

N. O. - Vous pourrez donc aller à Kourou, dans la station gérée par la DGSE et le BND ? 
H. de With. - Je n'ai pas le droit de confirmer ou de démentir une éventuelle présence du BND à Kourou. Mais si tel était le cas, nous demanderions, en effet, des informations sur cette station au directeur de notre service de renseignement. Dans le cas où il y aurait des indications précises selon lesquelles des opérations sont menées à Kourou que nous devrions légalement contrôler, et, dans ce cas seulement, nous pourrions décider de nous y rendre. Il faudrait alors que le BND obtienne l'accord des Français.

N. O. - Et s'ils refusent ? 
H. de With. - Au cas où il y aurait les indications dont je viens de parler, il est possible que nous recommandions au BND de quitter Kourou.

N. O. - En France, les parlementaires n'ont aucun droit de regard sur l'action des services secrets. Qu'en pensez-vous ? 
H. de With. - Je ne me mêlerai pas de votre politique intérieure. Je citerai seulement la fameuse phrase de Lénine : "La confiance, c'est bien ; le contrôle, c'est mieux..."